PDV Kristen :
Je n’arrivais pas à croire ce qu’il venait de me dire ! « Je n’ai pas le droit de te le dire. Je ne peux pas ». Cette phrase résonnait dans ma tête comme une insulte. Du jour au lendemain, voilà qu’il mettait une barrière dans notre amitié. Comment ça il ne pouvait rien me dire ? Qu’est-ce que ça signifiait ? Je fulminais pendant que je me préparais à aller me coucher. J’étais fatiguée et en colère. Rien de bon pour s’endormir.
Je décidai finalement d’écouter de la musique sur mon Ipod et de fermer les yeux. Je plongeai dans l’inconscient, bercée
par un doux morceau…
« - J’exige une explication.
- Je ne peux rien te dire, je suis désolé…
- J’en ai assez de toutes tes histoires et de tes excuses qui n’ont aucun sens !
Laisse-moi te dire une bonne chose, je déteste qu’on me mente…
- Je ne te mens pas, c’est juste que…
- …Non, laisse tomber ! Je m’en vais ! »
Je me réveillai en sursaut. Je rassemblai mes idées. Quel rêve étrange… Je décidai de ne pas trop m’attarder dessus. Je remarquai qu’il était 4 h 00 du matin. Curieusement, j’avais bien dormi. Je devais me lever dans une demi-heure. J’en profitai donc pour me préparer à l’avance et faire attention à prendre un bon petit déjeuner pour me donner la pêche. J’attendais patiemment sa venue. Il fallait tirer les choses au clair. C’est à ce moment là que mon rêve me revint en tête. Je n’avais pas aimé ce rêve parce qu’il parlait de mensonges. De ses cachoteries. Il ne voulait toujours rien me dire… non, il ne pouvait toujours rien me dire. Qu’est-ce que cela voulait dire ? C’est là que mon cerveau réagit subitement. Rob s’était excusé, pourquoi ? Il s’excusait auprès de moi ?! Mais il ne m’avait rien fait, même s’il refusait de me dire certaines choses, il ne me devait pas d’excuses… Après tout, c’est moi qui voulais savoir.
Mes réflexions furent coupées par le bruit de quelqu’un qui frappait à ma porte. Je me précipitai pour aller ouvrir. A ma grande surprise, ce fut Nikki qui se présenta devant moi.
Nikki : Salut !
Moi : Tiens ! Je ne m’attendais pas à ce que tu viennes me chercher.
Nikki : Oui mais c’est Rob qui m’a demandé de t’emmener parce qu’il est parti plus tôt que prévu… il avait quelque chose à faire, je crois.
Moi : Ah… Bon, ben allons-y !
Nous descendîmes à sa voiture. Je me demandais si Nikki ne m’avait pas fait une blague comme la veille. Je m’aperçus que non, Rob manquait bel et bien à l’appel. Je suppose que c’était mieux pour l’instant. De toute façon, ma question restait toujours sans réponse et je devais absolument résoudre notre différent…
Nikki : Ca va ?
Je quittai mes pensées pour voir que nous roulions et Nikki me regardait, interloquée.
Moi : Oui, ça va.
Elle ne fut pas convaincue de ma réponse.
Nikki : Tu es sûre ? Pourtant, tu as l’air songeuse…
Moi : Ne t’en fais pas, je vais bien.
Nikki (après un instant) : Dis-moi. Ce n’est pas que je veuille savoir mais… je trouve que Robert est un peu distant en ce moment. Il s’est passé quelque chose entre lui et toi ?
Moi : Ce n’est rien. C’est juste…
Je n’arrivais pas à terminer ma phrase. Je ne savais pas vraiment qualifier notre mésentente.
Moi : …Rien de grave.
Nikki : Bon, ok.
Nikki savait qu’elle ne saurait rien de plus. C’est bien une qualité que j’apprécie chez elle, elle n’insiste pas contrairement à moi.
Moi : Tu l’as vu aujourd’hui ?
Nikki : Non. Je l’ai croisé hier en rentrant. Il avait l’air frustré, en colère… mais plutôt une colère renfermée, comme s’il s’en voulait.
Je me doutais de ça. Il avait toujours pensé que les disputes étaient de sa faute même si j’avoue que là, il avait des raisons de s’en vouloir. Ce n’est pas que je défendais ma cause, mais son attitude étrange m’avait alertée la veille. Il était donc logique que je lui pose toutes ces questions.
(…)
Nous arrivâmes sur le lieu de tournage à 5 h 45. Je devais me préparer pour redevenir Bella. J’allais chercher le texte à travailler d’aujourd’hui. Nous tournions les scènes dans la cantine et dans le parking du lycée de Forks. Toujours dans la continuité d’hier. Mes textes n’étant pas très longs, je fus prête à tourner une heure plus tard. Malheureusement, j’avais mes cours particuliers à côté du tournage donc je ne pouvais pas être disponible toute la journée. En plus, mes profs m’avaient reprochée d’avoir décalé mes cours de cette semaine alors je n’y échapperais surement pas aujourd’hui… Mes cours de maths et de géographie devaient commencer successivement à 9 h 30 et 10 h 30.
Aujourd’hui, je ne tournais pas beaucoup avec Rob pour la bonne et simple raison que je consacrais mon temps à mes amis « humains ». D’ailleurs, dans la scène de l’arrivée de Bella au lycée, quand Eric aborde Bella, pendant qu’on tournait, j’essayais de résoudre un problème de géométrie dans ma tête et Justin (qui joue le rôle d’Eric) s’était moqué de moi. Je n’étais pas très concentrée et en plus, mon expression le déstabilisait…
La matinée passa très vite et en tout, j’avais croisé Rob deux fois. Ce qui me paraissait étrange, c’était que Rob ne m’avait pas saluée de la matinée. Peut-être ne m’avait-il pas vue ? Je comptais bien me rattraper au déjeuner. J’attendais dans la file de la cantine avec la bande de Bella : Anna, Justin, Mike (Michael Welsh), Greg et Christian pour manger. Nikki nous rejoint mais pas Rob qui m’était passé sous le nez comme ci – soi-disant – il ne m’avait pas vue ! Je me résignais alors à déjeuner avec Nikki et les autres.
Une fois à table, mon assiette ne me tenta plus. J’en remuais le contenu avec ma fourchette. Même si il s’agissait de pâtes avec un steak saignant qui semblaient appétissants, je ne mangeais pas. J’étais bien trop occupée à penser au comportement suspect de Rob et à mon rêve de cette nuit…
Nikki : Tu ne manges rien ?
Moi : …
Nikki : Kristen ?!
Moi : Euh… je n’ai pas très faim.
Nikki : C’est Rob, c’est ça.
Je levai mes yeux de mon assiette pour la regarder d’un air qui sous-entendait l’évidence de ma réponse.
Nikki : Ca va s’arranger…
Moi : Quelque chose me dit le contraire.
Nikki : Il ne t’ignore pas…
Moi : Je ne suis pas idiote. Je vois bien qu’il m’évite… Nikki, je ne sais plus quoi faire.
Nikki : Ecoute. Tu n’as qu’à aller le voir à la fin de la journée pour lui demander des comptes, tu n’as qu’à lui parler, tout simplement.
Moi : Oui, tu as raison…
Ma réponse n’était pas convaincante. Je n’étais vraiment pas sûre qu’il ait envie de me parler.
Nikki : Il t’écoutera.
Je souris faiblement. Il fallait que je reste optimiste et que je n’abandonne pas. J’obtiendrai sûrement des explications.
(…)
Le reste de la journée passa lentement. Même si les scènes avec les Cullen étaient en cours de tournage, Rob ne m’adressa toujours pas la parole, ce qui m’inquiéta davantage. Je n’étais plus dupe, il m’évitait. De toute façon, c’était décidé : je lui parlerai à la fin de la journée, coûte que coûte, peut importent les conséquences.
En direction de la salle d’habillage, Nikki m’expliqua quelque chose d’étrange.
Nikki : Tu sais, Kris. Je ne crois pas que Rob veuille t’éviter.
Moi : Bien sûr, et que fait-il en ce moment ? Il ne m’a pas adressé la parole de la journée entière, je te rappelle !
Nikki : Non ! Ce que j’essaie de te dire, c’est qu’il t’évite contre son gré.
Moi : Comment ça ?!
Nikki : Ce n’est qu’une supposition. C’est juste que je n’aie pas l’impression qu’il t’évite juste pour une raison quelconque. C’est aussi la façon dont il te regarde d’habitude. On dirait qu’il regrette quelque chose, quelque chose qui pour lui, est important. Surement quelque chose qu’il a fait envers toi…
Pendant que Nikki émettait ses hypothèses, tout se mélangea dans ma tête. C’est là que je compris… Quelle sotte ! C’était moi le problème ! Il fallait absolument que je le vois. Je me précipitai vers la caravane de Rob, laissant Nikki en plan, pour toquer à sa porte. Il ouvrit.
Moi : Rob, tu voudras bien me rejoindre à ma caravane après que tu te sois changé. Il faut que je te parle…
Rob acquiesça vaguement. J’avais mis mon plan à exécution sans même l’avoir planifié ! Je me dirigeai vers la salle d’habillage et allai à ma caravane. Si Rob venait alors mon hypothèse
était fausse et s’il ne venait pas, c’est qu’il cherchait vraiment à couper les ponts. Bien sûr, je pensais plus qu’il allait venir.
(…)
Cela faisait bien quinze minutes que j’étais prête et que j’attendais, assise sur les marches de ma caravane. En même temps, je me disais que Rob prendrait plus de temps pour le démaquillage que moi… J’attendis encore quand Kellan passa devant ma caravane pour aller à la sienne et m’interpella.
Kellan : Hey Kris ! Qu’est-ce que tu fais encore là ?
Moi : Ben, j’attends Rob… On était censé discuter.
Kellan : Ah bon ! Mais… il est déjà parti ?!
Moi : Quoi ?!
Kellan : Ben je l’ai vu partir en voiture y’a pas longtemps.
Moi (sèchement) : Combien de temps ?
Kellan : Dix minutes peut-être plus…
Moi (en me levant brusquement) : Merci.
Je me précipitai vers la caravane de Nikki pour lui demander de me ramener à l’hôtel. Elle ne me demanda rien, ni même me jeta un regard interrogateur sur le trajet. J’étais tellement furieuse qu’arrivée au bout de la rue de mon hôtel, je la priai de me laisser descendre là. Je fermai la portière après l’avoir tout juste remerciée.
Je remontai la rue en luttant contre mon irrépressible envie de hurler de rage. J’étais tellement en furie que je me battais pour ne pas pleurer. Comment avait-il pu oublier qu’on devait discuter ?! Alors c’était ça qu’il voulait : couper les ponts ! Pourquoi est-ce qu’il ne me le dit pas au lieu de me laisser dans le doute ? C’est alors que je me rappelais que Rob habitait à deux pas d’ici. Je ne fis pas le tour de la réflexion et pris la direction de son hôtel, presqu’en courant. J’arrivai à la réception et salua la brunette au grand sourire. Elle le perdit quand elle me vit. Je me demandais quelle tête je devais avoir pour qu’elle perde son sourire aussi rapidement. Je pris l’ascenseur et me dirigeai vers sa chambre. Je m’arrêtai en entendant un bruit qui m’était familier derrière la porte. Je m’en moquai, j’entrai. C’est alors que j’entendis sa voix et ma colère s’évanouit. Rob chantait quelque chose de magnifique…
Les paroles s’envolèrent dans la pièce pour y laisser un son incroyable. La guitare acoustique sonnait comme une harpe à mes oreilles. J’allais à l’entrée du salon et découvrit Rob de dos, assis sur le fauteuil qui jouait sa mélodie. Elle était triste, mélancolique et son timbre à lui était morne. Il était déçu. La chanson s’arrêta sur une note « a cappella » de sa jolie voix…
Moi : Wouah… Je ne savais pas que tu avais composé cette chanson. Elle est magnifique.
Rob : Merci.
Il ne sursauta même pas. Comme s’il savait que j’allais venir mais ma fureur avait totalement disparue, je ne lui en
voulais plus. En vérité, j’étais plus que triste… Il se tourna vers moi sans me regarder et se leva. Je décidai de poser ma question avant qu’il ne dise quoi que ce soit.
Moi : Pourquoi n’es-tu pas venu ?
Rob (toujours sans me regarder) : Je n’en voyais pas l’intérêt surtout si c’était pour qu’on se dispute encore.
Je retenais mes larmes. Nous nous disputions beaucoup trop souvent mais ce n’était pas une raison pour
m’ignorer.
Moi (la gorge serrée) : Pourquoi tu ne m’as pas adressé la parole de la journée ? Tu m’évites ?!
Il décida enfin de lever ses yeux vers les miens. Ce que j’y découvris était affreux : de l’angoisse, de la gravité et par-dessus tout, une décision prise sans possibilité de revenir sur ce qu’il allait dire dans l’instant.
Rob : Kristen, nous ne pourrons jamais être amis.
Ces quatre mots restèrent suspendus à ses lèvres comme si c’était l’ultime chose qu’il voulait m’annoncer. Quant à moi, je m’étais arrêtée de respirer.
Moi (au bord des larmes) : Quoi ?!
Rob : C’est impossible, je suis désolé…
Je n’aimais pas ce moment : il me rappelait mon rêve. Je me rendis alors compte de ce qui m’avait réellement effrayé dans ce rêve. C’était la peur de le perdre, l’angoisse de m’éloigner de lui à tout jamais. Pourquoi ? Je n’en avais aucune idée. C’est alors que la peur et l’angoisse se transformèrent en panique puis en colère.
Moi : Alors, c’est ça que tu veux ; couper les ponts.
Il baissa les yeux, abattu. Je ne pus retenir mes larmes plus longtemps.
Moi (pleurant à chaudes larmes) : Quelle idiote ! Et dire que j’insistais pour… alors, tu me détestes ?!
Rob : Non, je…
Moi : Arrête avec tes excuses bidon ! Je sais comment tout ça va se terminer parce que j’en ai rêvé ! Je ne voulais pas que tout ça arrive ! Alors, avant que je parte en claquant la porte, aies au moins le courage de me dire que tu ne veux plus me voir !
Rob resta muet ce qui me fit davantage mal. Il n’était même pas sincère envers moi !
Moi (en haussant le ton) : Regarde-moi et dis-moi que tu ne veux plus de moi ! Que tu ne m’aimes pas !
Je ne m’arrêtai pas de pleurer et de renifler. Le moment que je redoutais était arrivé, j’allais devoir partir… Je baissai la tête accablée par le chagrin. C’est alors que Rob prit mon visage entre ses mains et essuya mes larmes de ses deux pouces. Le contact de ses mains froides sur mon visage me calma un peu. Il appuya son front contre le mien.
Rob : Je suis sincèrement désolé.
J’ouvrai les yeux. Il planta son regard attristé dans le mien et m’embrassa…
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